Chelsea réussit son entrée sous Xabi Alonso dans un match fou à Sydney

Chelsea a lancé sa préparation estivale par une victoire spectaculaire contre Western Sydney Wanderers, au terme d’un match complètement renversant à l’Accor Stadium. Pour cette première sortie sous les ordres de Xabi Alonso, les Blues ont offert un festival offensif, mais aussi plusieurs fragilités défensives que le score final, 6-4, ne masque pas.

Joao Pedro a signé un triplé et s’est rapidement imposé comme l’une des grandes satisfactions de la soirée. Dastan Satpayev, Dario Essugo et Jamie Gittens ont également trouvé la faille, dans une rencontre où Chelsea a longtemps couru après le score avant de finir par prendre l’ascendant dans les derniers instants.

Un premier test spectaculaire pour le projet Alonso

Ce déplacement à Sydney marquait le véritable coup d’envoi de l’ère Xabi Alonso à Chelsea. Arrivé pour ouvrir un nouveau cycle, l’entraîneur espagnol a débuté par une revue d’effectif large, comme on l’attend souvent à ce stade de l’été. La seconde période a d’ailleurs vu plusieurs changements, avec l’entrée de nombreux jeunes et de plusieurs cadres.

Le décor était particulier. Chelsea a posé ses valises en Australie depuis samedi, avant d’entamer une tournée qui doit également passer par l’Asie. Cette préparation au long cours impose un rythme de travail différent, mais elle offre aussi à Alonso une première photographie de son groupe, entre espoirs de l’académie et joueurs déjà installés.

Chelsea a marqué vite, puis a laissé filer le contrôle

Le début de match a pourtant semblé idéal. Satpayev a ouvert le score à la suite d’une action construite depuis une relance courte, conclue par une frappe puissante dans la lucarne. Chelsea avait alors le ballon, l’initiative et l’impression de pouvoir imposer sa loi.

Mais Western Sydney Wanderers n’a jamais disparu du paysage. Les Australiens ont égalisé sur corner, avant de profiter des hésitations de la défense londonienne pour passer devant. Quelques minutes plus tard, un marquage trop naïf et une perte de balle ont permis aux locaux de reprendre l’avantage. À ce moment-là, les Blues donnaient déjà le sentiment d’un chantier encore ouvert derrière.

La réponse est venue par à-coups. Dario Essugo a remis Chelsea à hauteur d’une belle action collective, puis la rencontre a basculé dans un va-et-vient permanent. Chaque séquence offensive semblait pouvoir déboucher sur un but. Chaque erreur pouvait, à l’inverse, coûter cher.

Le triplé de Joao Pedro change la soirée de Chelsea

La grande différence s’est faite avec l’entrée de Joao Pedro. Le Brésilien a d’abord participé à la remise à niveau avant de prendre lui-même le match à son compte. Son sens du placement, sa mobilité et sa lucidité devant le but ont fait la différence au fil d’une seconde période de plus en plus ouverte.

Son premier but a ramené Chelsea à 4-4 après une action initiée sur le côté. Son deuxième a permis aux Blues de repasser devant pour la première fois depuis le début du match. Puis le troisième, inscrit dans la foulée d’un bon centre de Fofana, a scellé son triplé et donné au score une tournure moins incertaine. En peu de temps, l’attaquant a changé le récit de la soirée.

Cette efficacité offensive tombe au bon moment pour un joueur qui veut s’installer dans le projet londonien. Dans une équipe en construction, savoir convertir les occasions reste un argument précieux. Joao Pedro l’a rappelé avec éclat, dans un match où Chelsea a longtemps alterné le meilleur et le très moyen.

Des signes encourageants, mais aussi des alertes défensives

Sur le plan collectif, cette première sortie a livré un mélange assez révélateur. Chelsea a montré de la qualité dans les transitions, de bonnes idées entre les lignes et une capacité à accélérer dès que le jeu s’ouvrait. Jamie Gittens, par exemple, a encore marqué, tandis que Dastan Satpayev a confirmé son aisance technique dans les zones de finition.

En revanche, l’arrière-garde a laissé une impression plus inquiétante. Le but encaissé après une erreur d’Acheampong, comme plusieurs séquences mal gérées dans la surface, rappelle que les automatismes restent à construire. Le constat est d’autant plus net que les changements ont ensuite accentué le caractère expérimental de l’équipe.

Le cas d’Estevao a aussi retenu l’attention, non pour une création décisive, mais pour une passe trop risquée qui a offert un ballon exploitable à Western Sydney Wanderers avant le quatrième but australien. À ce niveau, la marge d’erreur est faible, même en préparation. Et le nouvel entraîneur le sait parfaitement.

Un groupe large, des jeunes à l’essai et une hiérarchie encore mouvante

Xabi Alonso a utilisé cette rencontre pour observer beaucoup de monde. Plusieurs jeunes ont été alignés d’entrée, avec la volonté évidente de jauger leur comportement dans un contexte réel, loin des exercices du centre d’entraînement. Certains ont saisi leur chance, d’autres ont montré qu’ils avaient encore du chemin à faire.

Dario Essugo a, lui, marqué des points. Très impliqué à la récupération et juste dans le jeu vers l’avant, il a terminé la première période avec une belle impression de maîtrise. Dastan Satpayev et Ryan Kavuma-McQueen ont également eu des séquences intéressantes. À l’inverse, certains défenseurs ont souffert davantage, notamment dans les duels et sur les phases arrêtées.

Le staff a ensuite fait entrer neuf joueurs d’un coup, signe que la logique de rotation restera massive tout au long de l’été. Dans ce type de match, le résultat compte moins que les enseignements. Mais quand les buts s’enchaînent, les leçons arrivent aussi plus vite.

Le cap fixé avant la reprise de la Premier League

Au-delà du score, ce premier rendez-vous offre déjà un cadre de lecture pour la suite. Chelsea a du talent, du potentiel offensif et une profondeur de banc évidente. Mais le club avance aussi avec une exigence forte, renforcée par le poids de ses ambitions et par la pression d’une saison où la qualification en Ligue des champions reste l’objectif minimal attendu.

La première pierre est donc posée, dans une atmosphère bien différente de celle de Stamford Bridge mais avec un message clair. Xabi Alonso a vu une équipe capable de marquer six fois, de réagir sous pression et d’offrir des perspectives intéressantes devant. Il a aussi vu une défense encore trop friable pour laisser beaucoup de place à l’approximation.

Cette soirée australienne n’a évidemment rien d’un verdict. Elle donne seulement une image de départ, brillante par endroits, brouillonne à d’autres. Et dans ce mélange, un nom ressort déjà avec force: Joao Pedro, auteur d’un triplé pour une première sortie sous le nouveau régime.