Portugal – RDC: Ronaldo face à des Léopards ambitieux pour l’entrée dans le Mondial 2026
Portugal RDC lance le groupe K avec une affiche déséquilibrée sur le papier, mais nettement plus ouverte qu’elle n’en a l’air. À Houston, la sélection de Cristiano Ronaldo débute avec le statut de favorite, tandis que la RDC avance avec une forme de liberté, nourrie par une qualification arrachée au bout du suspense et par une vraie conviction collective.
Le décor, lui, est déjà planté. À 41 ans, Ronaldo dispute ce qui ressemble fortement à sa dernière Coupe du monde. Autour de lui, le Portugal veut transformer l’événement en mission. Matheus Nunes l’a résumé avec émotion avant le match: il y a dix ans, il évoluait encore en sixième division et n’imaginait pas partager un jour le terrain avec une telle figure. Pour le milieu de Manchester City, gagner le titre avec le capitaine portugais aurait une portée immense, y compris pour tout ce qui entoure l’APK.
Ce premier rendez-vous ne se résume pourtant pas à l’aura du quintuple Ballon d’Or. En face, les Léopards veulent bousculer les pronostics. Le défenseur Axel Tuanzebe, buteur décisif en prolongation contre la Jamaïque lors du barrage, a insisté sur l’énergie, les automatismes et la cohésion de son groupe. La RDC se voit comme un outsider capable de surprendre.
Portugal RDC, entre l’héritage de Ronaldo et les ambitions de Roberto Martínez
Le Portugal arrive avec des repères solides et une vraie continuité au plus haut niveau. La Seleção fait partie des cinq nations européennes présentes à chaque Coupe du monde depuis 2002, aux côtés de l’Angleterre, la France, l’Allemagne et l’Espagne. Elle a aussi atteint la phase à élimination directe lors de quatre des cinq dernières éditions.
Son histoire dans la compétition reste marquée par deux grands sommets: la troisième place de 1966 et la demi-finale de 2006. Depuis, les Portugais se sont souvent montrés compétitifs sans parvenir à franchir le dernier cap. Cette fois encore, l’effectif aligne du talent à presque toutes les lignes, entre Diogo Costa, Ruben Dias, Nuno Mendes, Bernardo Silva, Bruno Fernandes et João Félix.
Roberto Martínez dispute, lui, sa troisième Coupe du monde comme sélectionneur. Il avait conduit la Belgique à la troisième place en 2018 avant une sortie dès la phase de groupes en 2022. Désormais à la tête du Portugal, il tente d’assembler une équipe capable d’assumer le poids du statut tout en profitant une dernière fois de l’impact symbolique et sportif de Ronaldo.
Le capitaine portugais, meilleur buteur de l’histoire en sélection, est déjà seul joueur à avoir marqué dans cinq Coupes du monde. Il peut aussi devenir, potentiellement avec Lionel Messi, l’unique joueur à participer à six éditions. Ce simple fait donne à cette campagne une dimension particulière.
La RDC retrouve la Coupe du monde avec un vrai élan
Pour la RDC, cette entrée a une valeur historique. Les Congolais disputent seulement leur deuxième Coupe du monde, plus d’un demi-siècle après celle de 1974, à l’époque du Zaïre. Peu de nations ont connu une attente aussi longue entre deux participations successives.
Le parcours vers ce Mondial a été rude. L’équipe de Sébastien Desabre a terminé à deux points du Sénégal dans la première phase, avec sept victoires, un nul et deux défaites, avant de devoir passer par un barrage couperet face à la Jamaïque. C’est là que Tuanzebe a envoyé les Léopards au tournoi final, au terme d’un match gagné en prolongation à Zapopan.
Ce parcours raconte quelque chose de cette équipe: elle sait souffrir, rester au contact et faire basculer les matches serrés. En comptant les barrages, dix de ses treize rencontres qualificatives se sont terminées par un nul ou un écart d’un but. Surtout, la RDC a gardé sa cage inviolée à huit reprises sur cette série.
Desabre n’en est pas à son coup d’essai. Le technicien français dirige sa troisième grande compétition avec les Léopards. Il les a menés à la quatrième place de la CAN 2023, puis en huitièmes de finale de l’édition 2025. Son équipe n’a peut-être pas le prestige du Portugal, mais elle avance avec des habitudes de combat bien installées. Pour en savoir plus sur la compétition, le cadre officiel reste celui de la FIFA.
Compositions probables: le Portugal avec ses cadres, la RDC avec ses armes offensives
Côté portugais, Ruben Dias est bien de retour. Le défenseur central de Manchester City avait manqué une grande partie de la seconde moitié de saison à cause d’une blessure aux ischio-jambiers, mais il a rejoué lors des succès amicaux contre le Chili et le Nigeria, avant de s’entraîner normalement.
Ronaldo, lui aussi touché aux ischio-jambiers en début d’année, a retrouvé du rythme. Il a débuté les deux matches de préparation, avec 45 minutes contre l’Espagne puis 65 contre le Nigeria. En défense, Tomas Araujo pourrait vivre une nouvelle étape importante avec une deuxième apparition internationale en compétition officielle.
Le onze attendu du Portugal ressemble à ceci: Diogo Costa dans le but, João Cancelo, Tomas Araujo, Ruben Dias et Nuno Mendes derrière, puis João Neves, Vitinha, Bernardo Silva, Bruno Fernandes, João Félix et Cristiano Ronaldo.
En face, la RDC a dû composer avec le forfait de Rocky Bushiri, blessé au tendon d’Achille lors de la dernière journée du championnat d’Écosse avec Hibernian. Aaron Tshibola a été appelé pour le remplacer. Mais l’attention se porte surtout sur le secteur offensif.
Yoane Wissa peut retrouver une grande compétition pour la première fois depuis septembre 2024. Gêné par un problème au genou, il avait manqué la CAN de janvier et n’a inscrit qu’un but en Premier League la saison passée après son transfert de Brentford à Newcastle. Son retour offre néanmoins une menace immédiate, d’autant que Cédric Bakambu et Meschack Elia apportent aussi de la percussion.
La composition probable des Léopards: Lionel Mpasi, Aaron Wan-Bissaka, Chancel Mbemba, Axel Tuanzebe, Arthur Masuaku, Meschack Elia, Samuel Moutoussamy, Noah Sadiki, Nathanael Mbuku, Cédric Bakambu et Yoane Wissa.
Portugal RDC: les stats qui peuvent faire basculer le match
Les chiffres donnent un léger avantage psychologique au Portugal, mais ils soulignent aussi la capacité de la RDC à rester dans ses matches. La Seleção a marqué lors de dix de ses onze dernières rencontres de Coupe du monde. Seule exception: la défaite 1-0 contre le Maroc en quart de finale en 2022.
En face, les Congolais ont encore une page à écrire: ils n’ont jamais marqué en Coupe du monde. Seules quelques sélections, comme la Bolivie, le Canada ou la Grèce, ont attendu plus longtemps avant d’ouvrir leur compteur. Voilà un enjeu symbolique de plus pour les Léopards.
Les statistiques offensives de la campagne africaine montrent néanmoins que cette équipe sait produire du danger. Bakambu a signé quatre buts et deux passes décisives pendant les qualifications, tandis que Wissa a cumulé trois buts et trois passes. Seules la Gambie et le Gabon comptaient davantage de joueurs impliqués sur au moins six buts.
Le match pourrait donc être moins fermé qu’attendu. Le Portugal possède davantage de maîtrise technique et de vécu au très haut niveau. La RDC, elle, oppose une intensité réelle, des transitions rapides et des joueurs capables de punir la moindre hésitation.
Un premier virage déjà important dans le groupe K
Ce match ouvre une poule qui comprend aussi l’Ouzbékistan et la Colombie. Le calendrier donne tout de suite du poids à ce premier résultat. Le Portugal enchaînera ensuite face à l’Ouzbékistan, toujours à Houston, tandis que la RDC croisera la Colombie à Zapopan.
Un succès portugais confirmerait immédiatement son rang. Un faux pas, en revanche, réveillerait la pression autour d’une équipe attendue loin dans le tournoi. Pour la RDC, prendre des points d’entrée changerait tout: cela renforcerait encore le discours d’un groupe capable d’exister au-delà du simple rôle d’invité.
Une projection prudente laisse imaginer un match plus accroché que ne le suggère la hiérarchie. Le Portugal a les armes pour faire la différence, mais la RDC a déjà prouvé qu’elle pouvait déranger des adversaires plus renommés. Un scénario animé, avec des occasions des deux côtés, n’aurait rien d’une surprise.
Le coup d’envoi est prévu mercredi à 18h00 BST, soit 13h00 à l’Est des États-Unis et 10h00 sur la côte Ouest.