Silvio Baldini ne veut pas transformer l’intérim en feuilleton personnel. Après deux succès amicaux avec l’Italie, le technicien a surtout défendu ses jeunes joueurs, vainqueurs du Luxembourg puis de la Grèce sur le même score, 1-0.
Silvio Baldini met l’équipe avant son avenir
Nommé provisoirement après le départ de Gennaro Gattuso, Baldini a hérité d’un contexte lourd. L’Italie venait de manquer une troisième Coupe du monde consécutive, un séisme pour une nation aussi exigeante.
Pour cette parenthèse, il a choisi une voie audacieuse. Son groupe comptait 21 joueurs sans sélection avant les rencontres face au Luxembourg et à la Grèce. Contre le Luxembourg, le onze italien était même le plus jeune depuis décembre 1912.
Interrogé après la victoire contre la Grèce, Baldini n’a pas cherché à se projeter. Reprendra-t-il les Espoirs ? Sera-t-il encore là en septembre pour la Ligue des nations ? Sa réponse a été limpide.
Il a expliqué que cela ne changeait rien pour lui. Selon ses mots, il voulait simplement se rendre utile à la “famille” italienne. Il tenait aussi à offrir une vitrine aux joueurs qui avaient travaillé sous ses ordres.
Deux matchs, deux victoires, et un message fort
Sur le terrain, l’Italie n’a pas tout renversé. Elle a pourtant retrouvé un peu d’ordre, d’énergie et de confiance. Ces deux victoires courtes ont suffi à donner du sens à cette opération jeunesse.
Francesco Pio Esposito a signé les deux buts italiens. L’attaquant de l’Inter a confirmé son instinct, déjà remarqué lors de ses premières apparitions avec la Nazionale.
À seulement 20 ans, Esposito affiche désormais cinq buts en sélection. Avant ses 21 ans, seul Giuseppe Meazza avait fait mieux avec l’Italie, avec onze réalisations.
Il est aussi devenu le quatrième joueur à marquer lors de chacune de ses trois premières titularisations avec les Azzurri. Avant lui, Omar Sivori, Riccardo Carapellese et Annibale Frossi avaient réussi cette prouesse.
Silvio Baldini répond aux étiquettes
Certains observateurs aimeraient voir Silvio Baldini prolonger l’expérience. L’intéressé a accueilli ces soutiens avec gratitude, mais sans s’emballer. Pour lui, la priorité reste le travail bien fait.
Il a aussi glissé une remarque sur le football moderne. D’après lui, les jugements arrivent trop vite, souvent sous forme d’étiquettes collées aux entraîneurs ou aux joueurs.
Baldini estime que la meilleure réponse se trouve sur la pelouse. Ce que ses jeunes ont montré face au Luxembourg et à la Grèce vaut, à ses yeux, plus qu’un long discours.
Le sélectionneur intérimaire a rappelé qu’il n’était pas arrivé là par hasard. Le destin lui a ouvert cette porte, mais son parcours a été semé d’efforts et de difficultés.
Une génération italienne à accompagner
Dans ce groupe rajeuni, Gianluigi Donnarumma faisait figure de guide. Le gardien champion d’Europe 2020 a encadré une équipe en pleine découverte du très haut niveau international.
Baldini dit connaître la valeur de ces joueurs. Il insiste surtout sur leur capacité à comprendre les exigences du métier. Les règles, selon lui, ne doivent pas être vues comme une sanction.
Au contraire, elles deviennent une ressource quand un jeune joueur veut franchir un cap. Cette discipline, associée à un mode de vie adapté, peut construire une vraie équipe.
Il espérait aussi un peu de réussite, car la chance compte dans le football comme ailleurs. Avec deux succès en deux matchs, elle n’a pas tourné le dos aux Azzurri.
Conte en favori, Guardiola cité, l’Italie attend
L’avenir du banc italien reste ouvert. Antonio Conte apparaît comme le candidat le plus crédible pour reprendre durablement la sélection. Son nom revient avec insistance dans les discussions.
Une piste plus spectaculaire a aussi circulé autour de Pep Guardiola, ancien entraîneur de Manchester City. Elle paraît ambitieuse, mais elle illustre l’ampleur du chantier italien.
La Fédération devra trancher avant les prochaines échéances, notamment la Ligue des nations. Le calendrier international reste consultable sur le site de la FIFA.
En attendant, Silvio Baldini a rempli sa mission. Il n’a pas seulement gagné deux matchs. Il a redonné de la valeur à une jeunesse italienne qui demandait une chance.